08.02.2012

Cimetière public musulman

Lundi 6 février 2012 a eu lieu l'inauguration du premier cimetière public musulman de France à Strasbourg. Roland Ries, maire socialiste de cette ville et partisan du vivre-ensemble, n'a pas caché sa satisfaction en soulignant que ce geste est une marque de « la reconnaissance accordée au culte musulman, pleine et entière ».

Ce cimetière est orienté Sud-Sud-est en direction de la Mecque (Qibla) et est susceptible d'accueillir à terme un millier de sépultures avec la possibilité de procéder à des inhumations sur deux niveaux.

Roland Ries avait notamment participé à la relance du projet de la Grande mosquée de Strasbourg, projet qui avait été bloqué par son prédécesseur de l'extrême droite. Il avait aussi exprimé sa position en faveur des minarets, alors que le peuple suisse était sur le point de se prononcer en novembre 2009 sur une initiative populaire tendant à l'interdiction d'en construire de nouveaux. Il n'avait pas non plus caché que le projet de création d'un cimetière musulman figurait parmi les priorités de son mandat.

Le Concordat de 1801 régissant l'Alsace-Moselle permet à la municipalité strasbourgeoise de gérer ce cimetière. En effet, la fameuse loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne trouve pas application en cette région, sous souveraineté allemande en 1905. Autrement dit, l'application du Concordat de 1801 a permis à ce cimetière de sortir de terre. Rappelons que le régime concordataire reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite, mais non musulman. Néanmoins, « le droit local permet la constitution de communautés musulmanes sous le régime juridique d'association de droit local alsacien-mosellan, globalement plus favorable que celui des associations cultuelles prévues dans le reste de la France »[1].



[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Concordat_en_Alsace-Moselle.

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