31.10.2011
Le minaret, une tour comme les autres
Le 29 novembre 2009, 57,5% du peuple suisse et 19,5 cantons ont accepté l'initiative populaire interdisant la construction des minarets. Cette initiative et surtout son ancrage dans l'ordre constitutionnel suisse (art. 72 al. 3 Cst.) ont beaucoup fait parler d'eux. Cette décision démocratique, à savoir l'imposition par la majorité d'un choix à la minorité, a été expliquée par les spécialistes comme provenant de la peur de l'islam. Peur parfaitement injectée par les initiants qui ont souligné que la présence de minarets conduirait inéluctablement à une islamisation de la société suisse, voire à l'introduction de la charia à terme. Le populisme a une nouvelle fois fait merveille.
Pour en revenir au minaret, dont l'interdiction de construction a pris la place dans la Constitution fédérale d'une ancienne disposition discriminatoire envers les catholiques, il convient de mentionner quelques éléments historiques que j'ai pu relever à la lecture de l'ouvrage L'Islam du théologien Hans Küng. Les premières mosquées ne disposaient pas de minaret. Ce n'est que depuis l'époque des Ommeyades (661-750), que le minaret devient une partie essentielle de la mosquée et ceci plus particulièrement dans les régions anciennement chrétiennes. L'origine du mot minaret se trouve dans le mot arabe mandra, qui signifie le phare. Il s'agit par conséquent d'un lieu où « brille la lumière ». Le modèle originel réside dans le fameux phare d'Alexandrie. Le minaret est une tour qui peut être ronde, carrée ou polygonale et de laquelle le muezzin lance l'appel à la prière. Il a, tout comme le clocher chrétien, davantage une valeur significative que pratique. Il marque la présence de l'islam, visible de loin.
Ainsi, la présence d'un minaret n'est pas une obligation musulmane, pas davantage que la présence d'un clocher pour les édifices chrétiens. Une discrimination crasse a pris place dans la Constitution fédérale le 29 novembre 2009 de peur d'assister à une islamisation de la société suisse. Il convient également de préciser que le droit existant, notamment celui des constructions, n'aurait pas permis la construction de minarets disproportionnés. Les autorisations de construire auraient été délivrées conformément au droit en vigueur. Quant à l'appel à la prière, diverses normes auraient également empêché l'instauration d'un tel acte. Par conséquent, d'autres voies légales auraient été envisageables pour circonscrire des excès architecturaux ou des désagréments sonores plutôt qu'une interdiction absolue de construire des minarets figée dans la Constitution.
A titre personnel, je me sens moins dérangé par la présence d'un minaret que par la sonnerie des cloches, cloches qui sont parfaitement audibles aux alentours des hôpitaux universitaires de Genève ou de Zurich par exemple, lieux devant à mon sens jouir d'une certaine tranquillité... Il serait dès lors sage de mettre sur un pied d'égalité les diverses convictions et ne pas enraciner une telle inégalité de traitement dans notre charte fondamentale.
La mégalomanie et le désir de toute-puissance ont toujours été le propre de l'humain. Nul n'est besoin de les chercher au sein des seules religions. Pensons aux tours laïques, toujours plus hautes, qui agrémentent les paysages urbains aux quatre coins de la planète. Si le Dieu capitalisme a ses tours, laissons aussi celles des différentes religions, et dans le silence ! La paix religieuse et l'harmonie sociale n'en ressortiront que grandies elles aussi...
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Commentaires
vous avez raison:
car entre sons de cloches ou emblèmes architecturaux religieux musulmans,
on ne parle que d'un choix entre divers symboles de domination
sauf que le respect de la majorité
est l'un des paramètres incontournables des principes de toute démocratie
et qu'en l'occurrence c'est la démocratie suisse
qui s'est "mise en phase"
-ou pas,
avec des exigences religio-culturelles /quelles que soient leurs bien-fondés,
de communautés immigrantes
plutôt minoritaires
et de par leur nombre et de par leurs cultures,
dans la population suisse
Selon votre objectif,
Les lois fédérales et le peuple suisse devraient-ils
s'adapter encore plus aux éxigences religio-culturelles de nos immigrants
et faire à leur place leur travail d'intégration,
à l'envers?
semble que notre constit démontre que c'est sur ces points que nos votations ont "joué".
Question de tendances vers un universel politico-culturel? Espérons!
Ecrit par : pas tout à fait idéal | 31.10.2011
C'est beau la christianophobie!
Finalement, vous êtes de ceux qui oeuvrent à la destruction de notre civilisation.
Je préfère écouter les cloches qui sonnent que les braillements d'un muezzin du haut de son minaret.
Je préfère assister à une procession chrétienne qu'à des prières sur la place fédérale qui ont insulté les MILLIONS de VICTIMES de la SHOAH.
Je vois que nous n'avons pas les mêmes valeurs.
Ecrit par : Gilles V. | 31.10.2011
Exactement. Que l'on vire les cloches des clochers, c'est absolument intolérable dans ce monde intolérant.
Parler de 'destruction de notre civilisation' (commentaire ci-dessus) c'est clairement affirmer que les gens sont trop débiles pour pouvoir exister sans croyance. Là, je m'affirme et relève la tête, je suis au dessus des victimes et des bourreaux, je suis citoyen et vivant. Je me souviens et je respecte, mais pas quand le non-respect des autres empiète sur ma liberté (et sur celle des autres). Les cloches sont une futilité, comme les minarets et dans un pays bien pensant et bienséant, les deux devraient être acceptées comme signes de différence. Comment parler de prières et d'insultes envers des victimes sans créer un mal être inutile et mental. L'important c'est la résistance, et non pas l'accoutumance à une pensée de bas niveau, menée par la peur et les réactions primales (savez-vous ce qui amène les plus grands régimes totalitaires au pouvoir ? LA PEUR, et là je dois ajouter: LOL)
Nous sommes tous différents, ceux qui tendent à réduire les différences sont des dangers sociaux et démocratiques. De là à ce qu'ils le comprennent ..... je dirais qu'ils ne le sauront probablement jamais.
Ecrit par : Cédric Muller | 02.11.2011
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